Manifestations en Iran : au moins 31 morts depuis le début de la contestation

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Par Paul Sugy

Publié hier à 08:28, Mis à jour hier à 15:45

Une manifestation dans les rues de Téhéran, mercredi soir 21 septembre. WANA NEWS AGENCY / REUTERS

De nouvelles manifestations, parfois violentes, ont éclaté mercredi soir en Iran pour dénoncer la police des mœurs. La télévision d’État annonce 17 morts, un bilan jugé sous-évalué par Iran Humans Rights (IHR).

Des manifestations nocturnes ont encore éclaté mercredi soir, pour la cinquième nuit consécutive, dans de nombreuses villes de la République islamique d’Iran, surtout dans le Nord-Ouest à Urmia et Sardasht. Elles se succèdent dans une quinzaine de villes depuis l’annonce du décès de Mahsa Amini, vendredi, jusqu’à la ville sainte de Qom, au sud-ouest de Téhéran, cité natale du guide suprême iranien Ali Khamenei. Ce dernier s’est exprimé mercredi à Téhéran mais sans rien dire de ces troubles déclenchés par le décès d’une femme arrêtée par la police des mœurs. À la tribune de l’ONU mercredi, le président des États-Unis Joe Biden s’est dit solidaire des «femmes courageuses d’Iran».

La télévision d’État a annoncé dans un bref communiqué ce jeudi que déjà «dix-sept personnes, dont des manifestants et des policiers, ont perdu la vie dans les événements des derniers jours». Un chiffre que l’ONG Iran Humans Rights, basée à Oslo, conteste, estimant quant à elle qu’au moins 31 personnes ont déjà trouvé la mort depuis le début des tensions.

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Dans le Sud, des images vidéo datant apparemment de mercredi montrent des manifestants brûler un portrait immense du général Qassem Soleimani, tué par une frappe américaine en Irak en janvier 2020.

Ailleurs dans le pays, des manifestants en colère ont bloqué la circulation, incendié des poubelles et des véhicules de police, lancé des pierres sur les forces de sécurité et scandé des slogans hostiles au pouvoir, selon l’agence officielle Irna. La police a fait usage de gaz lacrymogène et procédé à nombre d’arrestations pour disperser la foule, a précisé l’agence.

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D’autres images montrent des manifestants ripostant en arrachant des bombes lacrymogènes aux forces de l’ordre et en les empêchant de procéder à des arrestations. On voit encore des manifestants mettre en fuite des véhicules des forces de l’ordre, ou s’en prendre à eux et les renverser ou les mettre hors d’état. Selon certains militants iraniens présents dans les manifestations, les policiers ont pu par endroits se dissimuler dans des ambulances pour procéder plus tard aux arrestations des émeutiers ; les images où l’on voit des manifestants s’attaquer à ces ambulances auraient été soigneusement instrumentalisées, ensuite, par le pouvoir.

Surtout, les plus virales sur les réseaux sociaux sont celles où l’on voit des femmes mettre le feu à leur foulard, ou bien l’arracher et le brandir à bout de bras, par petits groupes, dans les rues de certaines villes. Ce geste symbolique prend de l’ampleur en Iran depuis plusieurs années, depuis la vague de contestation en 2017 (au cours de laquelle des femmes participant à ces manifestations d’émancipation spontanée ont été arrêtées, et condamnées) jusqu’à cet été encore où un appel de ce genre avait été lancé pour protester contre les patrouilles de la police des mœurs.

Coupures d’Internet

La contestation s’est également étendue aux universités, par exemple à al Zahra à Téhéran, où certaines étudiantes ont retiré également leur voile, mais cette fois à l’intérieur des murs de cette institution très conservatrice au plan de la morale islamiste – parfois sous le regard courroucé d’autres étudiantes.

En réaction, le pouvoir iranien semble avoir en partie réduit l’accès à Internet et aux principales plateformes de réseaux sociaux, notamment Facebook, WhatsApp ou Instagram, selon le directeur de l’Observatoire de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient de la Fondation Jean Jaurès Farid Vahid. Ce dernier indique que des messages de la sorte circulent dans les familles iraniennes : « Si vous n’avez pas de nouvelles de nous plus tard, sachez qu’ils ont coupé internet pour que nous ne puissions plus être entendus ! Alors aidez-nous s’il vous plaît ». Le site «Netblocks», qui surveille les anomalies sur l’usage d’Internet dans le monde, relève que le nombre de connexions au principal opérateur de téléphonie et d’Internet iranien a brutalement chuté au cours de la journée du 21 septembre.

Une information que confirme l’agence de presse Fars : «sur décision des responsables, il n’est plus possible d’accéder en Iran à Instagram depuis mercredi soir et l’accès à WhatsApp est également perturbé», a-t-elle annoncé. Cette mesure a été prise à cause «des actions menées par des contre-révolutionnaires contre la sécurité nationale via ces réseaux sociaux», a précisé Fars.

Instagram et WhatsApp étaient les applications les plus utilisées en Iran depuis le blocage des plateformes comme Youtube, Facebook, Telegram, Twitter et Tiktok ces derniers années. De plus l’accès à Internet est largement filtré ou restreint pas les autorités.

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