Amour, drames et secrets : Elizabeth II, une vie privée sous les ors de Buckingham Palace

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La reine d’Angleterre est morte ce jeudi 8 septembre, entourée de ses enfants et petits-enfants, dans sa résidence de Balmoral, en Écosse. Sa vie est un roman.

Elle était tout simplement la femme la plus célèbre de la planète. Et pour cause, la majorité des citoyens de ce monde n’ont connu qu’elle, Elizabeth II, sur le trône d’Angleterre. La souveraine est morte le 8 septembre entourée de ses enfants et petits-enfants, dans sa résidence de Balmoral, en Écosse. Début juin, pour son jubilé de platine, elle fêtait ses 70 ans de règne, le plus long de l’histoire britannique. Elle devance la reine Victoria et ses soixante-trois ans, sept mois et deux jours. À son actif, plus de 260 voyages officiels en dehors de la Grande-Bretagne, pas moins d’une centaine de visites d’État, plusieurs tours du monde, le parrainage de 600 organisations caritatives (dont 400 depuis 1952), la remise d’un demi-million de récompenses, l’accueil d’1,5 million de personnes dans les garden-parties de Buckingham Palace, et les confessions de 16 premiers ministres, de Winston Churchill à Liz Truss, qu’elle aura brièvement rencontrée deux jours avant sa mort pour la passation de pouvoir. Du premier, son «préféré», avouera-t-elle un jour, elle a gardé un souvenir impérissable. Il est celui qui l’a vue monter si jeune sur le trône, à seulement 25 ans, quelques mois après la mort de son père, George VI, parti trop tôt d’un cancer du poumon. Lui-même était roi par défaut après l’abdication de son frère aîné, le roi Edouard VIII, parti loin épouser Wallis Simpson. Née le 21 avril 1926, Elizabeth a donc grandi loin de l’idée qu’elle vivrait un jour à Buckingham Palace.

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Une enfance à l’ombre des radars

Le roi George VI, la reine Elizabeth et leurs filles, Elizabeth et Margaret, en avril 1940. Getty Images

«Elle avait l’habitude de dire qu’une fois grande elle épouserait un fermier», raconte sa nourrice chérie Marion Crawford, surnommée «Crawfie», dans son livre The Little Princesses. Entourée de sa sœur Margaret – les deux fillettes captivant les photographes royaux à chacun de leur passage -, et de ses gouvernantes, la princesse Elizabeth est éduquée comme les femmes de son rang, à domicile et de manière peu poussée. Le seul ordre donné à l’époque : qu’elles aient une belle écriture. Sa mère, née Elizabeth Bowes-Lyon (la «reine mère» – une fois veuve) lui transmet le goût de la lecture et lui enjoint très tôt de tenir un journal intime – habitude quotidienne qu’elle a conservée jusqu’à sa mort. Avec son père, le futur George VI, elle partage une passion folle pour l’élevage et les courses de pur-sang, une tradition royale et un hobby qu’elle partagera plus tard avec son mari.

Pour l’amour de Philip

Le prince Philip et la princesse Elizabeth, en lune de miel dans le Hampshire, le 23 novembre 1947. Getty Images

Elizabeth a 13 ans quand elle rencontre Philip lors d’une visite avec son père au Royal Naval College de Dartmouth, où il est cadet. Le grand et blond Philip de Grèce et de Danemark, lui, a 18 ans. Son physique avantageux de prince nordique charme les princesses, et Elizabeth est très impressionnée par ses performances sportives. S’ils sont cousins au troisième degré (la reine Victoria et le prince Albert sont leurs arrière-arrière-grands-parents), cela reste assez éloigné pour ne pas susciter de scandale. Il la demande en mariage lors d’un séjour à Balmoral, résidence écossaise de la famille royale, à l’été 1946, et on dit que «Lilibet», folle d’amour, accepte sans même demander l’avis du roi. Trois mois après la cérémonie qui a lieu le 20 novembre 1947 à l’abbaye de Westminster devant 2.000 invités (une bagatelle à côté des 750 millions de téléspectateurs du mariage de Charles et Diana, et des près de 2 milliards pour celui de William et Kate), Elizabeth est enceinte. Charles naît à l’automne 1948 à l’époque où le jeune couple pense encore avoir dix ans devant lui avant l’accession au trône, la couronne et les trop lourds engagements royaux. Il n’en ont finalement que quatre.

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«Mon premier, second et ultime emploi», déclare Philip peu après la mort de George VI en février 1952, «sera de ne jamais laisser tomber la reine». Une promesse que la garde rapprochée de la souveraine ne manque pas de lui rappeler tout au long de sa vie, l’obligeant à marcher deux pas derrière la souveraine (protocole oblige), scrutant de près les rumeurs sur ses infidélités. «Infidèle ? Comment aurais-je pu ? J’ai eu un détective avec moi nuit et jour depuis 1947 !», s’est souvent défendu Philip, non sans humour, auprès des journalistes. En 1997, alors qu’ils célèbrent leurs 50 ans de mariage, Elizabeth II résume parfaitement, a posteriori, leur vie conjugale : «Il y a eu des tempêtes, mais c’est mon roc.» Des Noëls passés à Sandringham, dans le Norfolk, aux vacances, sacrées, au château de Balmoral en Écosse, ils se sont rarement quittés plus de quelques jours, forçant l’admiration de tous pour ce couple pudique mais d’une complicité folle.

Royal quotidien

La reine Elizabeth II et le prince Philip avec leurs enfants Charles, Anne et Edward à Sandringham, en mai 1969. Getty Images

Deux ans après la naissance de Charles, la reine met au monde la princesse Anne, en 1950, puis les princes Andrew et Edward, en 1960 et 1964. Quatre enfants dont elle s’occupe peu, plus à l’aise dans l’exercice du pouvoir que dans les questions d’éducation. En privé, c’est le prince Philip, le chef de famille. À la gestion des caprices et aux preuves d’affection, la reine préfère son emploi du temps rassurant, déterminé un an à l’avance, et ses «boîtes rouges» contenant les documents officiels du gouvernement. Les ouvrir chaque matin fait partie d’un rituel immuable qu’elle s’est imposé tout au long de son règne. Réveil à 7h30 à l’ouverture des rideaux de sa chambre, entrée de sa dame de compagnie (feu «Bobo», la seule employée de maison à avoir pu l’appeler «Lilibet», est restée 67 ans à son service) avec une tasse de thé Earl Grey, arrivée de ses chiens, ses welsh corgis adorés ; radio branchée sur BBC Radio 4, bain à 21°C, habillage, breakfast léger (un bol de céréales Special K, dixit son ancien chef), lecture de la presse (The Racing Post, un quotidien sur les courses de chevaux, d’abord ; puis le Telegraph et le Times). Le sacro-saint cérémonial est clôturé par 15 minutes de cornemuse jouée par les «pipers» dans la cour du palais, après lesquelles elle s’installe à son bureau, à 10 heures, jusqu’au lunch et les obligations officielles de l’après-midi.

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Parcours sans faute et «annus horribilis»

Diana Spencer et le prince Charles s’embrassent sur le balcon du palais de Buckingham, le 29 juillet 1981. Getty Images

«Professionnellement», Elizabeth II n’a jamais failli. Symbole d’unité du Royaume-Uni et des pays du Commonwealth, elle qui n’a ni passeport ni permis de conduire, qui n’a jamais pu voter et ni donné quelconque opinion publiquement, a réussi à faire perdurer avec brio une certaine idée de l’Angleterre, «un travail que beaucoup d’hommes pensaient alors probablement pouvoir faire mieux qu’elle», a rappelé un jour son petit-fils William**. La tâche n’a pas toujours été aisée. Admirée dans les années 1950, taxée de ringarde voire inutile dans les années 1960 et 1970, la reine et à travers elle la monarchie a souvent été sommée de se renouveler. Si l’avènement des tabloïds et l’irruption de Diana l’y ont grandement aidée, prouvant que la famille royale pouvait aussi être sulfureuse et sexy, ils l’ont aussi dangereusement entraînée dans la spirale de drames familiaux que l’on connaît. Elizabeth II a elle-même surnommé l’année 1992 son «annus horribilis». Pour cause : le divorce de la princesse Anne avec le capitaine Mark Phillips, la séparation de Charles et Diana puis celle du prince Andrew et Sarah Ferguson (dont les photos en compagnie de ses amants ont fait les choux gras de la presse), et enfin l’incendie qui détruit en partie le château de Windsor… Parmi ses quatre enfants, seul son cadet, Edward, resté uni à Sophie Rhys-Jones, a résisté (résiste encore aujourd’hui) aux tempêtes conjugales et à la pression médiatique.

God save William et Kate

Elizabeth II avec le prince William, Kate Middleton et leurs enfants sur le balcon du palais de Buckingham, le 5 juin 2022. Getty Images

Entre Charles et Diana, le divorce est prononcé en 1996, un an avant l’accident mortel de la princesse de Galles à Paris. Les jours suivant le décès de Diana sont une épreuve pour la reine, blâmée de ne pas réagir à la mort de Lady Di, la princesse du peuple. L’historien Robert Lacey, consultant principal de la série The Crown, décrit cette période comme «la crise de son règne, ce moment crucial où elle a dû regagner le cœur des gens». Cœurs largement regagnés grâce à son petit-fils William, l’aîné de Charles et Diana, et à son mariage avec Catherine Middleton, le 29 avril 2011, sous les voûtes de l’abbaye de Westminster. Pour la première fois, la «firme» accepte d’accueillir en son sein une future reine issue des classes populaires, et Elizabeth II n’y est pas pour rien. Si plus de cinquante ans la séparent de Kate, une entente chaleureuse s’est nouée entre les deux femmes, écrit Stéphane Bern en 2016. Entente renforcée par la naissance de trois héritiers, George en juillet 2013, puis Charlotte en mai 2015, et Louis en avril 2018.

Le conte de fées aurait pu continuer avec l’arrivée de Meghan Markle dans la vie du prince Harry (son petit-fils préféré, dit-on), amenant avec elle 330 millions d’Américains prêts à rêver devant le feuilleton de la Couronne britannique. Reste que la rigidité de la Couronne d’un côté, les maladresses des Sussex de l’autre, ont eu raison de la stabilité du couple. En 2020, Harry s’exile aux États-Unis avec femme et enfants (Archie, né en 2019, et Lilibet, née en 2021), signant une véritable rupture avec les Windsor. Pourtant, 2021 est presque pire. Nouvelle «annus horribilis», osent certains. En cause, l’implication de son fils, le prince Andrew, dans la scandaleuse affaire Epstein, l’interview choc de Meghan et Harry avec Oprah Winfrey, révélant leur mal-être au sein des royals, égratignant comme jamais la reine et sa garde rapprochée, restées intouchables jusqu’ici. Et puis le décès de Philip, son «roc», à 99 ans, en avril 2021. Il était peut-être temps de partir, après tout. God save the queen.

*Elizabeth II, la vie d’un monarque moderne, de Sally Bedell Smith, 2019

**Elizabeth II, dans l’intimité du règne, d’Isabelle Rivère, 2012

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